2014-02-17

L'homosexualité n'est pas génétique

Ouganda: le président va finalement promulguer la loi-anti-homosexualité
Publié par Maëlle Le Corre
Ayant eu la "confirmation" que l'homosexualité n'est pas génétique, Yoweri Museveni a affirmé qu'il comptait promulguer la loi.

Après avoir longtemps réfléchi avant de se prononcer, le président ougandais Yoweri Museveni a fait savoir qu'il allait finalement promulguer la loi anti-homosexualité. Adopté par le Parlement le 20 décembre dernier, le texte prévoit une peine de prison pouvant aller de 14 ans à la perpétuité pour les personnes reconnues coupables d'homosexualité.
UN AVIS SCIENTIFIQUE SUR L'HOMOSEXUALITÉ
Dans son discours prononcé vendredi 14 février face aux parlementaires de son parti, le Mouvement National de Résistance, Yoweri Museveni s'est montré particulièrement déterminé à éradiquer l'homosexualité: "Quiconque promeut l'homosexualité, nous devons l'arrêter. Cela doit être stoppé par la loi et fermement. Deuxièmement je n'accepte pas ceux qui deviennent homosexuels pour des raisons mercantiles, troisièmement, je ne peux accepter l'exhibitionnisme du comportement homosexuel qui doit être arrêté et arrêté sévèrement." Fin janvier, Yoweri Museveni avait déclaré qu'il souhaitait attendre un avis scientifique concernant l'homosexualité, et qu'il ne signerait la loi que si des expert.e.s lui apportait la preuve que l'homosexualité n'est pas génétique. Désormais, les préoccupations du président ougandais à ce sujet ont été balayées et plus rien ne s'oppose à la promulgation de la loi: "La seule question que j'ai soulevée était, y a-t-il des gens qui sont nés homosexuels? a-t-il rappelé. C'est pourquoi je suis très content. Ce qui est important pour nous est la déclaration qui fait autorité de ceux qui s'occupent des affaires de santé en Ouganda parce que ce sont ceux qui sont historiquement responsables. La question que je leur ai posée était, y a-t-il des gens qui sont nés ainsi? Ils me disent maintenant qu'il n'y en a pas."
YOWERI MUSEVENI ENCORE EN LICE POUR LES ÉLECTIONS
Les député.e.s du Mouvement National de Résistance ont accueilli avec satisfaction cette nouvelle, puisqu'ils/elles sont à l'origine de la loi anti-homosexualité. Ils/elles avaient été très critiques envers les doutes de Yoweri Museveni et avaient peu apprécié son retard à signer cette mesure. Ils/elles l'ont d'ailleurs désigné comme leur candidat pour la prochaine élection présidentielle qui aura lieu en 2016. Yoweri Museveni est au pouvoir depuis 1986.
RÉACTIONS
Le président des États-Unis Barack Obama s'est déclaré profondément déçu par la décision du chef du gouvernement ougandais: "La proposition de loi anti-homosexualité en Ouganda, une fois devenue loi, sera plus qu'un affront et un danger pour la communauté homosexuelle en Ouganda. Elle sera un pas en arrière pour l'ensemble des Ougandais.e.s et reflétera mal l'engagement de l'Ouganda à protéger les droits humains de son peuple. Elle marquera aussi un sérieux revers pour tou.te.s ceux et celles qui partage un engagement à la liberté, la justice et à l'égalité des droits." Selon Robyn Lieberman de l'ONG Human Rights First, il ne fait aucun doute "que les derniers mots de Museveni ont été influencés par les réactions à des législations similaires au Nigeria, en Russie et ailleurs".