2013-10-09

Prolapse of the Arm


William Smellie (1697-1763), A sett of anatomical tables, with explanations, and an abridgement, of the practice of midwifery : with a view to illustrate a treatise on that subject, and collection of cases, London, MDCCLIV
Drawn by Jan van Rymsdyk


Chapter One 
The House of Kawasemi the Concubine, above Nagasaki
The ninth night of the fifth month 
"Miss kawasemi?" Orito kneels on a stale and sticky futon. "Can you hear me?" In the rice paddy beyond the garden, a cacophony of frogs detonates. Orito dabs the concubine's sweat-drenched face with a damp cloth. "She's barely spoken"-the maid holds the lamp-"for hours and hours. . . ." "Miss Kawasemi, I'm Aibagawa. I'm a midwife. I want to help." Kawasemi's eyes flicker open. She manages a frail sigh. Her eyes shut. She is too exhausted, Orito thinks, even to fear dying tonight. Dr. Maeno whispers through the muslin curtain. "I wanted to examine the child's presentation myself, but . . ." The elderly scholar chooses his words with care. "But this is prohibited, it seems." "My orders are clear," states the chamberlain. "No man may touch her." Orito lifts the bloodied sheet and finds, as warned, the fetus's limp arm, up to the shoulder, protruding from Kawasemi's vagina. "Have you ever seen such a presentation?" asks Dr. Maeno. "Yes: in an engraving, from the Dutch text Father was translating." "This is what I prayed to hear! The Observations of William Smellie?" "Yes: Dr. Smellie terms it," Orito uses the Dutch, " 'Prolapse of the Arm.' " Orito clasps the fetus's mucus-smeared wrist to search for a pulse. Maeno now asks her in Dutch, "What are your opinions?"

Maison de la concubine Kawasemi, en surplomb de Nagasaki
Neuvième nuit du cinquième mois
"Mademoiselle Kawasemi ?" Orito s'agenouille sur un futon collant à l'odeur aigre. "M'entendez-vous ?"
Dans la rizière derrière le jardin détone une cacophonie de grenouilles. Orito éponge le visage ruisselant de sueur de la concubine à l'aide d'un linge humide.
"Elle n'a pas pipé mot depuis des heures, dit la bonne qui tient la lampe.
- Mademoiselle Kawasemi, je m'appelle Aibagawa. Je suis sage-femme. Je suis venue vous aider."
Les paupières de Kawasemi frémissent et s'ouvrent. Elle parvient à émettre un faible soupir. Ses yeux se referment.
Elle est trop épuisée pour craindre de mourir ce soir, se dit Orito.
Le docteur Maeno chuchote à travers le voile de mousseline. "Je voulais examiner moi-même la façon dont l'enfant se présente, mais..." - le vieil érudit choisit ses mots avec précaution - "... il semblerait que cela soit défendu.- Les ordres que j'ai reçus sont très clairs, annonce le chambellan. Nul homme ne peut la toucher."
Orito soulève les draps ensanglantés et découvre ce dont on l'avait avertie : le bras inerte du foetus jaillissant jusqu'à son épaule du vagin de Kawasemi.
"Avez-vous déjà vu pareille présentation ? demande le docteur Maeno.
- Oui, dans une gravure de l'ouvrage néerlandais que Père traduisait.
- C'est ce que j'espérais entendre ! Il s'agit des Observations de William Smellie ?
- Oui, c'est ce que le docteur Smellie nomme" - Orito a recours au néerlandais - ""prolapsus du bras"."
-Orito serre le poignet couvert de mucus du foetus, recherchant un pouls.
Maeno demande alors en néerlandais : "Qu'en pensez-vous ?"

David Mitchell, The Thousand Autumns of Jacob de Zoet (Les Mille Automnes de Jacob de Zoet), 2010

Kitagawa Utamaro, Ca 1799-1800