2013-08-17

Christine Boutin's jihad against la mode


Christine Boutin

Chers amis, je voudrais tout d'abord vous remercier de me donner la parole et dire que je suis reconnaissante à l'Institut de la Démocratie et de la Coopération d'avoir organisé cette réunion qui nous permet de partager sur l'essentiel. Je voudrais également remercier la Russie qui refuse l'adoption par les couples homosexuels, ce qui est pour nous, dans ces temps particuliers, une chose très importante.
Je crois même savoir que le président de la République actuelle a été très ébranlé par le refus de la Russie d'accepter l'adoption par les couples homosexuels et pourtant, il y a peu de choses qui le troublent. Grâce à votre refus, vous évitez de rentrer dans une logique que j'observe s'installer dans la vie politique française des 30 dernières années : la France qui aspire à être à la mode. A vouloir être moderne, on présente en fait l'ambition d'une feuille morte et à force de consensus, la France est aujourd'hui au pied du mur.
Béatrice Bourg vous a parfaitement décrit la situation et notre histoire récente. Je vous dis aujourd'hui que nous rentrons en résistance, car il y avait un seul point avec lequel nous étions d'accord avec le gouvernement actuel, à savoir qu'il s'agit bien d'un changement de civilisation. Mais nous ne voulons pas de ce changement de civilisation.
Quel-est-t-il de ce changement? Il s'agit de l'affirmation de la suprématie de l'homme sur le réel. Cela est un péché de toute puissance de l'homme sur le réel. Nous voulons une société humaine. En réalité, le véritable enjeu est un combat non pas politique, mais spirituel, car nos adversaires veulent construire une société sans transcendance et sans Dieu. J'affirme aujourd'hui que le mariage gay n'est qu'un instrument, qu'un prélude de l'instauration d'un pouvoir totalitaire. C'est la puissance sur le plus fragile. Notre combat de résistance est un combat de liberté, un combat pour l'humanité.
En quelques mots je vais vous montrer dans quelle logique nous sommes rentrés en France. Cela était tout d'abord avec la pilule et l'avortement qui ont induit l'idée selon laquelle nous avons un enfant quand et comment nous le voulons. Ensuite, ils essayaient d'inciter les hommes et les femmes à penser que la maternité n'était pas une joie, mais une charge, que la maternité empêche la progression de la femme dans sa promotion professionnelle. Puis, on en est arrivé à créer des enfants dans des éprouvettes.
Nous sommes à la veille, à quelques dizaines d'années, de la production de l'enfant - pardonnez-moi l'emploi du terme - par l'utérus artificiel. La femme donc ne sera plus nécessaire pour donner la vie et mener la vie à son terme.
Petit à petit s'installe une société dans laquelle certains hommes et certaines femmes pourront décider de ce qui leur est nécessaire par rapport à des choix que le puissant aura décidé pour lui-même, et ils verront alors si les enfants sont nécessaires par rapport à ses désirs des puissants. Comme l'a dit Luca Volonté tout à l'heure, il s'agit tout simplement d'un nouvel esclavage démocratique.
Le mariage gay n'est qu'une étape, il nie la réalité sexuelle et il appuie la «théorie du Genre», dont nous avons déjà parlé.
Je dirai même que nous sommes en guerre, tous en France et vous, les Russes qui partagez cette perception des enjeux. Nous sommes en guerre contre ce courant de pensée qui veut nier l'humanité de tout Homme. Nous sommes en guerre contre ce courant de pensée qui veut nier l'existence de la transcendance. C'est un mouvement mondial qui est engagé depuis fort longtemps. Je vais vous donner la réponse à une question que je me posais depuis fort longtemps.
Je suis revenu d'Afrique du Sud il y une dizaine de jours et faisant de la politique depuis plus de 30 ans, je me posais la question de savoir pourquoi monsieur Mandela - et je ne m'attaque qu'à une icône - avait un tel rayonnement dans le monde ? Certes, il a lutté contre l'apartheid, mais il y a d'autres responsables politiques dans le monde qui ont fait de la prison, qui ont lutté pour la liberté, mais qui n'ont pas eu cette audience mondiale. Tout homme politique en France a essayé - et moi-même j'ai été tentée, mais grâce à Dieu je n'en ai pas eu - d'avoir sa photo à côté de Mandela. Car avoir votre photo à côté de Mandela fait de vous un vrai un politique institutionnel. Pourquoi? Il y a d'autres hommes et femmes politiques qui méritent autant d'audience que monsieur Mandela.
Et bien, en allant en Afrique du Sud, j'ai eu la réponse à ma question. Elle est la suivante : quand monsieur Mandela est sorti de prison en 1994, il a préparé une constitution, sortie en 1996 en Afrique du Sud, dans laquelle - et c'est le premier pays au monde - ont été inscrits les principes constitutionnels permettant le mariage gay et l'avortement.
Le mouvement que nous subissons est un mouvement mondial. Nous sommes en guerre contre les idées qui veulent nier la transcendance. Il est temps que nous nous réveillons ! La France, le pays des droits de l'Homme, est en train de se réveiller ! Et je pense qu'elle retrouve le sens de son histoire. La créativité, la libre initiative de chacun est stupéfiante.
Je peux vous dire que dans mon cœur, moi qui ai lutté environ 26 ans à l'Assemblée nationale contre ce qui était la mode, je savais dans mon cœur profondément que la France se réveillerait, parce que la France est fidèle à son histoire. La France a une responsabilité historique par rapport au monde.
La Russie a aussi sa mission particulière et le fait que vous ayez pris cette position aujourd'hui, ce n'est pas neutre.
La France se réveille et reprend l'initiative de défendre ses fondements. Je vous dis que nous sommes en guerre. Je suis, pour ma part, convaincue qu'autant la Russie, qui refuse l'adoption pour les couples homosexuels, et le député italien européen Luca Volonté sont des soutiens énorme pour nous en France.
La France et nous tous, nous allons gagner ce combat, mais c'est Dieu qui nous donnera la victoire.

Date de publication: 04.07.2013

http://www.idc-europe.org/fr/-Je-savais-que-la-France-se-reveillerait-

L'Institut de la Démocratie et de la Coopération est une fondation politique basée à Paris et financée par des entreprises russes. Il a pour vocation de participer au débat sur la relation entre la souveraineté des Etats et les droits de l'homme ; d'étudier les relations est-ouest ; de parler du rôle des ONG dans la vie démocratique des pays du monde ; et de discuter de l'interprétation des droits de l'homme et de la façon dont ils sont appliqués dans les différents pays. Il s'intéresse aussi à la mémoire des grands moments de l'histoire, notamment des deux grandes guerres du XXe siècle. L'Institut défend une vision classique du droit international ; il croit que l'Etat-nation est le meilleur cadre pour la défense des droits de l'homme et que l'ingérence « humanitaire » peut être une contradiction dans ces termes ; il plaide pour un système international qui respecte la souveraineté des Etats et des peuples. Il pense aussi que l'ordre politique doit être fondé sur une perspective morale, et en particulier par l'éthique judéo-chrétienne qui unit les deux parties, est et ouest, de l'Europe.

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