2013-05-14

Dégradations


Gay Pride à Crest, la ville d'Hervé Mariton: le reportage
Posted par Maëlle Le Corre on 13 mai 2013
La saison des gay prides a débuté tôt cette année et c'est la ville de Crest dans la Drôme qui a ouvert le bal en beauté ce samedi 11 mai en organisant sa toute première marche des fiertés. C'est le collectif LGBT local, monté il y a tout juste quelques mois, qui est à l'origine de cette manifestation, en réaction aux positions du maire de la ville, le député UMP Hervé Mariton. Entre 2000 et 2500 personnes ont défilé toute l'après-midi dans les rues de cette ville qui compte 8500 habitant-e-s, venues de la région, mais aussi de Paris, Lyon, Toulouse, Barcelone ou encore Genève. La journée s'est terminée de manière festive au parc Saint-Jean où avaient lieu plusieurs concerts jusque tard dans la nuit. Pour le collectif LGBT de Crest, cette journée est indéniablement une belle et surprenante réussite. Cet événement marque par ailleurs un regain de dynamisme dans la vie associative LGBT locale, puisque le collectif commence à se projeter dans l'avenir, comme l'explique Marion Costard, une des organisatrices: "L'Association des Parents Gays et Lesbiens (APGL) n'a plus d'antenne Drôme-Ardèche, alors on aimerait bien en faire une, monter une permanence SOS homophobie, et puis toujours continuer la lutte. On ne sait pas si on refera une deuxième gay pride, car notre but avant tout c'était de reprendre notre ville, de lui redonner une autre image".
MERCI MONSIEUR MARITON
Des haltes tout au long de la marche ont permis à plusieurs militant-e-s issus d'associations de s'exprimer comme Act Up-Paris, Amnesty International, Contact, ou encore l'APGL. Enfin, une lettre ouverte a été placardée sur le mur de la permanence du député, dans laquelle le collectif rappelle que cette marche n'est pas une affaire de parti politique, mais qu'elle est une marque d'opposition aux valeurs du député-maire qui a bataillé contre le mariage et l'adoption pour tous les couples à l'Assemblée nationale: "Nous voulons faire entendre un autre son de voix que le vôtre et contredire l'idée pestilentielle que la ville de Crest serait un bastion de l'homophobie en France". Paradoxalement, c'est sur des remerciements adressés au député-maire que se termine la marche, comme un joli pied de nez à celui qui, il y a quelques mois, avait déposé une motion au conseil municipal pour s'opposer au mariage entre couples de même sexe: "Merci d'avoir fait entrer la ville de Crest dans l'histoire des luttes LGBT en lui offrant la plus grande marche des fiertés au monde en pourcentage de sa population".
UNE PLAINTE POUR DÉGRADATIONS
Suite à la première gay pride de sa ville, le député-maire Hervé Mariton a fait savoir qu'il allait porter plainte en raison de "dégradations". En cause, des tags au pochoir sur plusieurs bâtiments du centre-ville. "Nous ne savons pas encore si Hervé Mariton porte plainte contre X ou si les organisateurs/trices de la gay pride sont clairement visé-e-s, explique le collectif LGBT de Crest, joint par Yagg. Si ces dégradations sont regrettables, on préfère avoir des débordements de ce genre dans nos manifestations, plutôt que des saluts nazis ou des appels au sang. Nous trouvons que ces tags sont assez minables, mais on attend que Monsieur Mariton s'exprime aussi sur les autres tags profondément homophobes et misogynes qu'on a pu voir dans Crest au même moment."