2013-04-09

Is a rose ashamed of its thorns ?

- At first, I entered a large room. There were no windows or lamps or overhead lights. But the walls were somehow glowing. They emitted enough light to illuminate the entire room.
- Were the walls hot? I asked. 
- I don't think so. They gave off light but not heat. I didn't touch the walls though.
- What else did you notice in the room?
- I knew it was a library of some sort, but I couldn't see any shelves or any books. In the corner of the room was a statue of the Sphinx. There were two old chairs on either side of this statue, old from an olden time. They were not from modern times. Almost like a throne made out of stone or marble.
...
- What do you think a statue of the Sphinx was doing there? I inquired. 
- I don't know. Maybe because the library helped you to understand secrets. I remembered the riddle of the Sphinx. What walks on four legs in the morning, two legs during the day, and three legs at night? Man does. A crawling baby becomes an adult who becomes elderly, needing a cane to walk. Maybe it has something to do with that riddle. Or with riddles in general.
- It could be, I conceded, my mind drifting back to Oedipus and the first time I had heard about the riddle. Yet there may be other meanings, too, I added. For example, what if the Sphinx somehow provides a clue to the nature of the library, or even to its structure or its location?
...
- I wasn't there long enough to find out, she answered. 
- Are you aware of anything else in the room?
- Yes, she said immediately. There was a man nearby, dressed in a long, white robe. I guess he was the librarian. He decided who could come into the room and who could not. For some reason, I was allowed in.
- ...
- What kind of library doesn't have books? I blurted out. 
- That's the strange part, she began to explain. All I had to do was to put my arms out with my palms up and whatever book I needed began to form right in my hands! In no time the book was complete. It seemed to come right out of the wall and solidify in my hands.
- What kind of book did you receive?
- I don't remember exactly. A book about me, about my lifetimes. I was afraid to open it.
- Afraid of what?
- I don't know. That there was something bad there, something I would be ashamed of.
- Did the librarian help you?
Not really. He just began to laugh. Then he said, 'Is a rose ashamed of its thorns?' And he laughed some more.


Au début, je suis entrée dans une vaste salle, sans fenêtre ni éclairage d'aucune sorte. Une clarté semblait pour ainsi dire émaner des murs. Ils émettaient assez de lumière pour illuminer toute la pièce. 
- Les murs dégageaient-ils de la chaleur ?
- - Je ne le crois pas. Ils produisaient de la lumière mais pas de chaleur. Je ne les ai cependant pas touchés. 
- Qu'avez-vous remarqué d'autre dans la salle ?
- Je savais que c'était une sorte de bibliothèque, mais je ne voyais aucune étagère ni aucun livre. Dans un angle de la pièce se dressait une statue du Sphinx. De part et d'autre, il y avait deux sièges qui, visiblement, appartenaient à une époque antique. C'était comme des trônes de pierre ou de marbre. 
...
- Pourquoi selon vous une statue du Sphinx se trouvait-elle là ?
- Je n'en sais rien. Peut-être parce que la bibliothèque permettait de découvrir des secrets. Je me souvenais de l'énigme du Sphinx : quel est l'animal qui a quatre pieds le matin, deux sur le midi, et trois le soir ?C'est l'homme. Dans l'enfance le matin de la vie, il se traîne souvent sur les pieds et sur les mains ; vers le midi, c'est à dire dans la force de l'âge, il n'a besoin que de ses deux jambes ; mais le soir, autrement dit dans la vieillesse, il a recours à un bâton comme à une troisième jambe, pour le soutenir. La statue avait-elle un lien avec cette énigme ?Ou avec les énigmes en général ?
- C'est possible, admis-je, le souvenir d'Œdipe et de la première fois où j'avais entendu l'énigme me revenant à l'esprit. N'y aurait-il pas cependant d'autres significations ? Ainsi peut-être le Sphinx offre-t-il un indice permettant de découvrir la nature de la bibliothèque, ou même de sa structure ou de son emplacement.
- ...
- Je ne suis pas restée là assez longtemps pour le découvrir, répondit-elle. 
- Y avait-il autre chose dans la salle ?
- Oui, dit-elle immédiatement. Il y avait un homme vêtu d'une longue robe blanche. Je crois que c'était la bibliothécaire. Il décidait de qui pouvait entrer. Je ne sais pourquoi, il m'a été permis de le faire. 
- ...
- - Comment une bibliothèque peut-elle ne pas contenir de livres ?
- C'est là l'aspect étrange de mon rêve, commença-t-elle à expliquer. Il me suffisait d'étendre les bras la paume vers le haut et tous les livres dont j'avais besoin se formaient dans mes mains.
- Quelle sorte d'ouvrage était-ce ?
- Je ne m'en souviens pas exactement. Un livre me concernant, sur mes existences antérieures. J'avais peur de l'ouvrir.
- Pourquoi donc ?
- Je ne sais pas. Il contenait quelque chose de néfaste, quelque chose de honteux. 
- Le bibliothécaire vous a-t-il aidée ?
- Pas vraiment. Il s'est mis à rire. Puis il a dit : 'Une rose a-t-elle honte de ses épines ?' Et il a ri de nouveau.

Brian L. Weiss, Only Love Is Real: A Story of Soulmates Reunited, 1996
Brian L. Weiss, Il n'y a que l'amour, Des âmes soeurs réunies, 1997
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