2012-12-01

Las de l'amer repos

Tired of bitter rest where my laziness offends
A glory for which I once fled the adorable
Childhood of rosewood under the natural
Blue, and seven times more tired of a harsh pact
To dig by evening a new pit
In the avaricious and cold ground of my brain,
Gravedigger without pity for infertility,
-What shall I say to this Dawn, O Dreams, visited
By the roses, when for fear of its pallid roses,
The vast cemetery unites the empty holes? -
I want to abandon the voracious Art of a cruel
Country, and, smiling at old reproaches
Which my friends make to me, the past, the genius,
And my lamp that however knows my agony
Imitating the Chinese with a clear and fine heart
To whom pure ecstasy is to paint the end
On his cups of snow to the delighted moon
From a bizarre flower that perfumes his transparent
Life, the flower which he smelled, child,
Being grafted onto the blue filigree of a soul.
And death as the only dream of a wise man,
Serenely, I am going to choose a young landscape
That I would paint again on a cup, distracted,
A line of thin and pale blue would be
A lake, amid the sky of bare china,
A clear crescent lost in a white cloud
Dips its calm horn in the icy waters
Not far from three  big emerald  eyelashes, the reeds

Stéphane Mallarmé, Jim Hanson

Las de l'amer repos où ma paresse offense
Une gloire pour qui jadis j'ai fui l'enfance
Adorable des bois de roses sous l'azur
Naturel, et plus las sept fois du pacte dur
De creuser par veillée une fosse nouvelle
Dans le terrain avare et froid de ma cervelle,
Fossoyeur sans pitié pour la stérilité,
- Que dire à cette Aurore, ô Rêves, visité
Par les roses, quand, peur de ses roses livides,
Le vaste cimetière unira les trous vides ? -
Je veux délaisser l'Art vorace d'un pays
Cruel, et, souriant aux reproches vieillis
Que me font mes amis, le passé, le génie,
Et ma lampe qui sait pourtant mon agonie,
Imiter le Chinois au coeur limpide et fin
De qui l'extase pure est de peindre la fin
Sur ses tasses de neige à la lune ravie
D'une bizarre fleur qui parfume sa vie
Transparente, la fleur qu'il a sentie, enfant,
Au filigrane bleu de l'âme se greffant.
Et, la mort telle avec le seul rêve du sage,
Serein, je vais choisir un jeune paysage
Que je peindrais encor sur les tasses, distrait.
Une ligne d'azur mince et pâle serait
Un lac, parmi le ciel de porcelaine nue,
Un clair croissant perdu par une blanche nue
Trempe sa corne calme en la glace des eaux,
Non loin de trois grands cils d'émeraude, roseaux.